Symphonies concertantes
Une dizaine, en deux mouvements, pour deux violons solistes et orchestre. Le genre était la spécialité des concerts parisiens de l'époque.
Ce qui subsiste, ce qui a disparu
L'essentiel de ce qu'il a publié tient dans une dizaine d'années, entre 1773 et 1785 : des quatuors, des concertos pour violon, des symphonies concertantes, des opéras. Il écrit pour lui-même — il est le soliste de ses propres concertos — et pour l'orchestre qu'il dirige. Puis la Révolution emporte le système des salons et des concerts par souscription qui faisait vivre cette musique, et l'œuvre disparaît des programmes pour près de deux siècles.
Ses six quatuors opus 1 paraissent chez l'éditeur parisien Sieber en 1773, dédiés au prince de Robecq. Ils comptent parmi les tout premiers recueils de quatuors à cordes publiés en France — un genre alors neuf, que Haydn vient à peine de fixer à Vienne.
D'autres séries suivront. Les catalogues modernes en recensent une quinzaine au total, selon la manière dont on compte les recueils incomplets.
C'est le cœur de son œuvre instrumentale, et la partie la plus virtuose. Publiés entre 1773 et 1779 sous les opus 2 à 8, ils sont écrits pour ses propres moyens : registre aigu, doubles cordes, traits rapides. On y entend ce que ses contemporains décrivaient — un violoniste d'une assurance peu commune.
Combien exactement ? Les catalogues ne s'accordent pas. Les recensements les plus prudents en retiennent une douzaine ; certaines notices anciennes annoncent des chiffres bien supérieurs, en comptant des attributions douteuses. Une douzaine de concertos authentifiés est l'ordre de grandeur fiable.
Une dizaine, en deux mouvements, pour deux violons solistes et orchestre. Le genre était la spécialité des concerts parisiens de l'époque.
Deux symphonies, en sol majeur et en ré majeur.
Pour harpe, clavecin ou pianoforte avec accompagnement de violon — la forme dominante de la musique de salon.
Environ une centaine, pour voix et clavier. La part la moins jouée de son catalogue.
Il en a écrit six. Un seul nous est parvenu complet.
Créé le 19 juillet 1777 à la Comédie-Italienne, sur un livret de Pierre Choderlos de Laclos — le futur auteur des Liaisons dangereuses. La critique loue la musique et démolit le livret. L'ouvrage ne survit pas à sa première. Quelques numéros seulement ont été conservés.
Perdu.
Opéra-comique en deux actes avec ballet, sur un livret de Desfontaines-Lavallée d'après une pièce de Mme de Genlis. Composé pour le théâtre privé de Mme de Montesson. C'est le seul opéra de Saint-Georges qui subsiste en entier ; la partition manuscrite a été reproduite en fac-similé en 1984, et l'ouvrage est aujourd'hui régulièrement remonté.
Perdu.
Perdu.
Perdu.
Cinq opéras sur six ont disparu. Ce n'est pas un accident : c'est ce qui arrive aux œuvres que plus personne n'a intérêt à recopier.
Sa trace la plus durable dans l'histoire de la musique n'est pas une de ses partitions. C'est une commande.
Le Concert de la Loge Olympique, qu'il dirige à partir de 1781, commande à Joseph Haydn, par l'intermédiaire du comte d'Ogny, six symphonies. Ce sont les Symphonies parisiennes (nos 82 à 87), parmi les plus jouées du répertoire classique. Haydn les a écrites pour l'orchestre de Saint-Georges, et pour ses effectifs.
Le répertoire est sorti de l'oubli depuis les années 1990, et le mouvement s'est nettement accéléré depuis 2020. Les concertos pour violon, les quatuors opus 1 et L'Amant anonyme ont fait l'objet de plusieurs enregistrements récents sur instruments d'époque.
Une distinction utile. Les partitions de Saint-Georges sont tombées dans le domaine public : chacun peut les reproduire et les jouer librement. Les enregistrements, eux, restent protégés — un disque récent appartient aux musiciens et à leur éditeur. C'est ce qui explique que l'on trouve les partitions gratuitement en ligne, mais pas les disques.